Thomas L'EXCELLENT
Étudiant à l'ÉNSAD, 5e année,
Design Graphique et Multimédia.
Né le 5 Novembre 1986.
Pour me contacter :
lemacheur at yahoo point fr
Si je remonte dans mes archives, je suis rarement réellement enthousiaste par les travaux que j’ai pu réaliser au début de mon apprentissage artistique.
Pourtant, je suis encore assez intéressé par cet alphabet que j’ai vraisemblablement esquissé en 2006 (c’est en tout cas ce que me suggère les dates des fichiers…).

Bien sûr, il n’est pas parfait, certaines lettres mériteraient sérieusement d’être retravaillées. Ce qui m’intéresse, c’est la façon dont la rigueur de construction que je me suis imposé a donné naissance a des formes inattendues et, malgré les défauts, une certaine homogénéité.
En effet, je suis parti de quelques formes élémentaires (triangle, rectangle, arc de cercle) alignées sur une grille de 8 par 8, comme le montre l’image ci-dessous.

Ces formes sont directement inspirées d’un sachet de gommettes dont j’avais fait l’acquisition un an plus tôt afin de m’amuser et de créer quelques lettres :

Je ne me suis pas beaucoup servi de cette création : je la retrouve uniquement dans quelques anciens books envoyés pour des recherches de stage, ou encore pour un exposé sur Oscar Niemeyer.
En voici un petit exemple :

Petit rebondissement concernant mon mémoire Penser la typographie en couleurs (consultable dans son intégralité en ligne) : un aperçu de 10 pages vient d'être publié dans le dernier numéro d'étapes (:175, Décembre 2009).

L'image de couverture est de Cyril Cohen et fait écho à ma contribution.
Cet article, écrit par mes soins, résume les grandes lignes de mon mémoire et propose ainsi une introduction idéale à tous ceux qui n'auraient pas encore eu le temps de s'y plonger :
Bonne lecture à tous ! et n'hésitez pas à me donner votre opinion.
Dans le cadre de mon mémoire, j'ai été amené à étudier les capacités actuelles en terme de création et d'utilisation de caractères sur nos ordinateurs (voir notamment le chapitre sur le rôle de la technique).
Si le constat est relativement pessimiste et montre un environnement peu enclin à se perfectionner et se moderniser, il existe malgré tout quelques applications qui méritent d'être connues.

Tout d'abord, pour Windows XP et versions ultérieures, Microsoft propose une application bien utile : Font Properties Extension. Celle-ci permet d'obtenir une véritable fiche d'identité d'une fonte en ajoutant de multiples onglets lorsque vous allez dans les propriétés du fichier (clic droit sur le fichier, puis allez dans Propriétés). Noms, Description, Version, Liens, Copyright, Encodage, Droits d'intégration, etc.

Toujours de Microsoft (et donc toujours pour Windows, mais rassurez-vous, sur les Macs, une technologie similaire est inclue par défaut), ClearType est un algorithme relativement puissant qui permet le lissage à l'écran de vos polices. Présent par défaut sur les systèmes ultérieurs à Windows XP, il vous faudra pour ce dernier vous procurer ClearType Power Toy.
Une fois installé, rendez-vous dans votre Panneau de Configuration, Apparence et thèmes puis choisissez ClearType Tuning. La différence est assez saisissante (surtout dans les grands corps).
Sachez que si vous souhaitez désactiver ce lissage sous Vista, il vous faudra aller dans votre Panneau de Configuration, Apparence et Personnalisation, Personnalisation, Couleur et Apparence des fenêtres, Effets et décochez Utiliser ClearType.
Une autre bonne nouvelle concerne la dernière version d'OpenOffice (3.1) qui est désormais capable de lisser les polices et les dessins (ça paraît ridicule, mais ce n'était jusqu'alors pas disponible).

Polices chargées via la règle css @font-face
Enfin, pour terminer sur ces nouvelles typographiques, voici une information de taille. La règle css @font-face permettant de charger des polices depuis un emplacement internet (et donc de disposer d'un panel inépuisable de caractères) est désormais supporté par la dernière version de Firefox, la 3.5.
D'après la fonderie de Peter Bil'ak, Typotheque, cela porterait la compatibilité de ce service à plus de 95% des utilisateurs (pour ma part j'ai quelques doutes... il semble que ça fonctionne avec IE6, 7 & 8, mais ça ne marche pas sous Chrome. Je n'ai pas testé sous FF3.0).
Vous pouvez voir un exemple ici.
Ce qui est assez fort de la part de la fonderie néerlandaise, c'est le chargement de la police via une requête sécurisée (que je n'ai pour le moment par réussi à contourner) qui empêche de récupérer le fichier de fonte ! (contrairement à ce qui se faisait jusqu'à maintenant)
Il faut dire que je ne suis pas non plus spécialiste et que j'utilise des outils relativement basiques... mais je vais essayer de me renseigner davantage.
Après avoir consulté un ami un peu plus calé que moi, il s'avère qu'il est (malheureusement) possible de récupérer les fichiers. Bien sûr, ce n'est pas accessible à tout le monde et il faut quelques compétences en programmation et en sécurité informatique...
Pour des raisons évidentes, je ne mettrais pas cette technique à disposition.
Exercice majeur de la quatrième année, le manuel de typographie consiste à perfectionner ses connaissances dans ce domaine à travers une approche personnelle.
Travaillant en parallèle sur mon mémoire dont l'objectif est d'analyser la création typographique en couleur, il m'a semblé intéressant d'interroger ce que les typographes appellent la couleur du texte, ou encore le gris typographique.
Jouant ainsi avec les mots, j'ai essayé de comprendre et d'analyser les différents éléments qui pouvaient influer sur la nuance d'un texte.
Vous pouvez découvrir un aperçu du manuel typographique dans mon book.
Et pour terminer, voici quelques inspirations qui sont venues stimuler mon travail :
Les écritures lapidaires
Alde Manuce
La Bible de Gutenberg
Étrangement, j'ai envie de commencer cette série sur la typographie en couleur en ne parlant justement pas de typographie, mais en essayant d'éclaircir, avec quelques exemples de travaux divers et variés, ce qui m'attire dans la couleur.
C'est dans cette optique de compréhension de l'utilisation de la couleur dans tous les domaines de la création, que je vais montrer dans mes prochains messages des oeuvres d'artistes bien sûr, qu'ils soient peintres, sculpteurs, photographes, plasticiens,... mais également des réalisations dans les domaines de l'architecture, de la mode, du graphisme (évidemment),...
En effet, je crois qu'il y a énormément à découvrir, à apprendre, en s'intéressant à la création de tout temps, en recherchant dans l'avant-garde des travaux novateurs (typo)graphiquement et chromatiquement.
Voici notamment un exemple particulièrement réussi de création de caractère intégrant la couleur comme élément fondateur : le Beowolf conçu en 1989 par Letteror.
Pour vous faire patienter en attendant mes prochains messages et vous donner un avant-gout de ce qui vous attend, je vous invite fortement à aller voir le site de l'exposition Color Chart : Reinventing Color from 1950 to Today qui se déroule actuellement et jusqu'au 12 mai au Museum of Modern Art (à défaut de ne pouvoir s'y rendre en vrai). Vous pourrez à cette occasion voir un aperçu de l'exposition en ligne et ainsi vous plonger dans le fabuleux univers de la couleur.
Dan Flavin (1933-1996), Sans titre (à Don Judd, coloriste), 1987
Alors que la vision typographique se veut minimale, l'éloge absolue du noir et blanc, qu'en est-il de notre perception ? La couleur n'aurait-elle pas sa place dans la création d'alphabets ?
Encouragé par mon professeur Peter Keller a inventé un caractère nouveau, je me suis retrouvé à concevoir un alphabet polychromatique, sans me rendre compte de la gravité de mon acte.
Le Saubr était né.
Peu de temps après, un exercice de création d'alphabet matriciel, proposé par un autre de mes professeurs, André Baldinger, m'amenait à nouveau à jouer avec la couleur.
Et voilà le Sainpl.
Amoureux de la typographie, j'étais loin de me douter que ces petits travaux d'étudiant étaient susceptibles de faire grincer des dents...
On me demandait de convertir mes alphabets en noir et blanc, afin de vérifier qu'ils fonctionnaient... et pire, on essayait de les exclure du monde de la typographie...
Pourtant, en ce début de nouvelle année scolaire, la chance allait me sourire : il me fallait trouver un sujet pour mon mémoire. C'est en discutant avec mon professeur Jean-Michel Bertrand qu'il m'incita à me glisser dans la brèche que j'avais ouverte : Pourquoi le monde typographique refuse la couleur ?... mais surtout, la couleur est-elle réellement refusée ?.
Le sujet était lancé, il me fallait chercher. Et trouver.
Voici donc ce qui va guider mes prochains messages dans cette nouvelle rubrique (Couleur) :
Retour aux typographies égyptiennes, ou plus globalement aux mécanes (ou "slab serif" en anglais) pour un des premiers sujets de l'année : l'étude d'un style typographique.
Pour moi, ça sera Early American advertising, ou si vous préférez, les publicités américaines des années 1860-1910.
En voici une première approche : (j'apporterais plus de précisions ultérieurement sur ce style si particulier, encore fortement présent aujourd'hui)
Dans un contexte de révolution industrielle, les messages commerciaux se multiplient et envahissent l'espace de la rue. Affiches et prospectus sont les nouveaux acteurs et rivalisent en surenchère visuelle, favorisés par les facilités de production dues à l'emploi de caractères mobiles en bois.
L'utilisation des mécanes, caractérisées par leurs empattements carrés, correspond tout à fait à la mentalité et aux besoins de l'époque : passer des messages forts, marquants. C'est celon cette même volonté que se déclinent les caractères : gras, condensés, ombrés, éclairés, décorés,... tout est bon pour attirer le regard.
La couleur participe également à ce charmant fouilli, et anime la composition qui, organisée suivant l'axe central, occupe au maximum l'espace qui lui est alloué.
Cette étude permettait dans un deuxième temps un exercice plus formel : mettre en page un texte (commun à l'ensemble des étudiants) à la manière de...
Voici le résultat.
Le texte, tronqué pour ce travail, est d'Henri Cueco.
Pour s'approcher au maximum des affiches de l'époque, le travail a été sérigraphié en deux couches, avec le soutien précieux de Chloé.

Après les Belles Égyptiennes, voici quelques typographies sans empattement qui ont un jour attirée (et pour toujours gardée) mon attention.
Les réalisations qui suivent sont autant personnelles que scolaires (...pas encore de réels travaux professionnels à présenter), et j'essaierais tant que possible de garder cette logique à chaque fois que je grouperais quelques unes de mes créations.
Vous remarquerez que la plupart des textes sont composés en capitales ; je n'y vois aucune explication rationnelle, si ce n'est l'avantage de disposer de caractères de hauteur égale (bien que les ascendantes et descendantes - des bas de casse - créent des irrégularités fort intéressantes).
Composé en Avant Garde :
Cette affiche a été réalisée durant un workshop d'une semaine où, sous la tutelle de quelques professeurs et professionnels du milieu, se sont rencontrés des futurs réalisateurs, producteurs, distributeurs et exploitants en formation à La Fémis avec des étudiants de ma classe.
L'enjeu, au-delà de la simple création d'une affiche, était de se confronter à une situation quasi-professionnelle en composant avec les différents intervenants qui gravitent autour du film pour concevoir un produit final plaisant à l'ensemble des participants.
Une semaine très enrichissante.

Composé en Avenir :
Une petite recherche (personnelle) à partir d'une citation de Matisse.
La finalité de cette création est d'être découpé dans du papier autocollant (en assez grand format) pour être posé sur ma porte d'entrée.
Beaucoup de couleurs et une image (relativement) composée et structurée.

Composé en Eagle Book :
Voici maintenant une recherche qui consistait à décortiquer et recomposer les fonctions du dictionnaire interactif Le Petit Robert.
L'idée n'était pas de réaliser complètement cet outil compliqué mais de restructurer un ensemble qui se perd un peu dans tous les sens : menus horizontaux, verticaux, fenêtres surgissantes,... Vous pouvez tout de même voir le résultat ici (plutôt une esquisse).

Composé en Folio Condensed Bold :
Un carton d'invitation rapidement réalisé et aussitôt expédié par email (la version présentée ci-dessous comporte une ligne de moins : l'adresse).. mais pas pour autant négligé.

Composé en News Gothic :
Enfin, voici un extrait de mon book (papier) présenté à la fin de ma deuxième année.
Ce travail d'identité a été commencé avec mon professeur de typographie André Baldinger puis prolongé avec mon deuxième professeur de typographie, Peter Keller.
La version écran est disponible sur http://ensad.bouboulou.com et donne un aperçu assez complet de l'étendu du travail (chaque mot est réalisé lettre après lettre sous Illustrator).
Vous pouvez également obtenir un rapide aperçu des déclinaisons sur papier (lettre, carte de visite et de correspondance,...) juste ici.

Voilà pour ce rapide aperçu.
J'essaierais de vous apporter de plus amples informations sur les typographies que je vous ai présenté dans mes prochains messages.
En regardant différents travaux que j'ai réalisé, et qui ont déjà un peu veilli ; je m'aperçois (avec un étonnement moindre), que j'affectionne tout particulièrement les typographies égyptiennes, Clarendon en tête.
Voici donc quelques travaux :
Je commence par cet identité personnelle que j'avais conçu pour les portes ouvertes lors de ma première année aux Arts Décos.
J'ai minutieusement retouché, coupé, assemblé,... les caractères sous Illustrator, qui une fois imprimés ont été découpés dans de la feutrine de couleur.
Je vous livre le titre de cet création : Sick and sad (ou encore Sick ENSAD... joli jeu de mot...)

Et voilà les différents cours qui rythmaient nos journées :

Satisfait de ce travail, j'ai alors décliné mes précédentes recherches, et ainsi développé une identité personnelle, qui m'a notamment servi à l'envoi de quelques curriculum vitae.

Moins récent, un travail d'identité (encore) pour mon frère et moi-même... Je vous invite à lire un autre message pour en savoir plus.

Je n'ai malheureusement pas des archives complètes de tous mes travaux mais c'est un aperçu déjà représentatif de mon amour pour les belles Égyptiennes.
Aussi étrange que celà puisse paraître au commun des mortels (j'entend par-là ceux pour qui graphisme n'est qu'info-graphisme, qui ne sont majoritairement pas familiers à ce blog),
J'adore par dessus tout la Typographie.
Je l'adore, mais elle m'échappe.
J'ignore trop de choses à son propos, mais elle me séduit malgré tout.
C'est pourquoi j'ai décidé de ne pas la mêler aux propos quotidiens que je tiendrais ici et que je lui vouerais un culte tout particulier sur un deuxième espace qui lui sera entièrement consacré.
Je vous donne rendez-vous sur typo.bouboulou.com.